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Montez à bord du vaisseau et partez à la recherche d'un nouveau foyer pour l'Humanité.
 
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Vie à bas-bord (Javor/Lorna]

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Lorna Morigan
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Sam 7 Avr - 0:02
Comme cela lui arrivait souvent lorsqu'elle rencontrait des difficultés, la Morigan pestait, injuriant un pauvre ordinateur qui ne lui avait rien fait à part refuser de marcher comme elle voulait. Si elle avait eu entre les mains l'idiot qui l'avait balancé contre le mur, elle lui aurait bien enfilé par un chemin qui ne sent pas bon la noisette un forceps, à sec pour bien lui faire payer le calvaire qu'elle avait récolté. Et dire que sa cliente avait insisté pour qu'elle récupère le remette en état, refusant de se contenter d'une récupération des données et que Lorna avait accepté... Une merveilleuse idée, il ne manquait qu'un idiot pour la déranger et elle se retrouverait en retard dans son boulot, et dieu sait qu'elle en avait qui attendait !

Il est parfois étrange de voir à quel point penser à un malheur le pousse à se réaliser. A peine avait-elle imaginé qu'on l’interromprait qu'une sonnerie se mit à retentir dans la boutique, beuglant les premières notes de Can't let you go de Rainbow, un vieux groupe de rock de la Terre qu'elle appréciait. Lorna décrocha, lâchant un "Lorna Morigan, vous êtes bien au Fer ailleurs. Que puis-je pour vous?" un peu sec ; ce n'était pas le bon moment de venir lui faire des réclamations ou lui rappeler qu'elle avait trois jours de retard sur certaines commandes. Pour autant c'est la voix d'une femme qui lui répondit, elle avait un accent mais rien d'incompréhensible.

"Bonjour. Je suis Charlize. Je suis l'assistante de Monsieur Javor Eminya."

Javor Eminya ? le nom n'était pas inconnue de la jeune femme. Elle l'avait déjà entendu quelque part mais elle ne se souvenait plus vraiment où alors, pianotant sur sa tablette, elle tapa rapidement le nom sur l'internet, tout en répondant.

"Je vois oui. Que puis-je pour vous ?"
dit-elle en jetant un œil sur le résultat, esquissant une grimace en voyant apparaître la tête du chroniqueur et son travail. C'était bien un de ces types qui parlait politique dans les médias. Que pouvez donc lui vouloir un journaliste, un de ces types qui n'avaient aucune différence avec un yaourt : leur date de péremption est courte. Sortie de l'école, ils pensent révolutionner le monde mais après quelques mois ils se plient à l'opinion majoritaire.

"Monsieur Eminya souhaiterait vous poser quelques questions dans le cadre d'une prochaine émission sur la vie des habitants du Vidar."


Et voilà ! Il fallait qu'elle tombe sur un type qui s'invite dans votre vie, cherche à savoir ce qui ne le regarde pas pour faire péter l'audimat. Lorna se demanda si elle n'avait pas un don pour attirer les ennuis et avait fortement envie de couper court à la communication mais elle n'avait pas envie de paraître impoli et puis, mine de rien, le bougre devait avoir de l'audience et si son nom passait, avec celui de sa boutique, cela voulait bien dire plus de clients ? Alors, pour cette raison purement intéressée, elle choisit de lui laisser une chance.

"Quelles genres de questions ? Travail, famille, problèmes rencontrées ?

"Ce serait ce genre de question. Vous acceptez ?"
l'assistance, Charlize, avait la voix pleine d'espoir. Sans doute, pensa Lorna, d'autres avant elle l'avait envoyé bouler et, poussant un soupir discret, elle répondit le plus aimablement possible.

"C'est possible.

"Quand pourriez-vous le rencontrer ?

"Donnez moi un lieu, une date et une heure. Je m'arrangerai.

"Après demain, au Ciel Ouvert ? Vers Quinze heure"
proposa Charlize après quelques secondes. La réparatrice avait entendu parler du Ciel Ouvert. Ce n'était pas un lieu qu'elle avait fréquenté depuis ses neuf ou dix ans, alors qu'elle était encore en bons termes avec son père. Elle n'y était jamais revenue, n'ayant pas les moyens de se l'offrir. Mais si c'était offert par la maison, elle avait encore moins de raison de refuser. Pour autant elle ne demanda même pas Javor prenait l'addition pour lui ou si elle payait sa part, tellement elle était certaine qu'il le ferait.

"J'y serais. Merci." répondit Lorna, haussant les épaules lorsque ses yeux se posèrent sur l'une des fameuses commandes en retard. Elle allait trimer comme une dingue jusqu'au jour J et le reste, s'il y avait reste, attendrait.

"Merci à vous Madame Morigan ! Bonne journée !

"C'est mademoiselle, Madame attendra !"
répondit Lorna, plus amusée qu'autre chose, sachant le combat pour ce genre de chose aussi vain que demander à un culturiste de ne pas parler des poids qu'il soulève chaque jour à la salle puis elle termina la conversation en disant "Mais ce n'est pas grave, je chipote. Bonne journée !".

La veille de son rendez vous, Mlle Morigan travailla tard, terminant de réparer une dernière commande, se couchant alors que, sur Terre, la Lune se serait trouvé haut dans le ciel et partit se coucher, oubliant de mettre le réveil. C'est ainsi que, le lendemain, elle se réveilla vers onze heure, la tête dans le potage, oubliant totalement qu'elle avait rendez-vous avec le chroniqueur à 15h. Elle s'habilla comme chaque matin, enfilant une tenue de travail confortable et inélégante au possible, se rendit à sa boutique et accueillit les clients venus récupérer leurs biens, la régler ou lui apporter des appareils à réparer, partit vers midi réparer chez un habitué un problème régulier de climatisation, rentrant à sa boutique à 13h43 pour manger un morceau et s'apprêta à se rendre dans son atelier quand son agenda lui rappela son rendez-vous. A peine eut-elle posée les yeux dessus que Lorna lâcha un "Merde !", ferma la boutique et courut jusqu'à son appartement en répétant entre ses dents "Merde merde merde !". Elle allait encore être à la bourre si elle se bougeait pas le fondement ! Quarante minutes plus tard, elle courrait dans les coursives, évitant les passants qui la regardait passer en protestant, emprunta les transports pour gagner du temps, réajustant son chemisier vert pomme, le rentrant dans son pantalon beige puis elle glissa les mains dans les poches de sa veste rock en faux cuir brun qu'elle n'avait pas fermée, vérifiant qu'elle n'avait pas oubliée son téléphone. Lorsque la navette ralentit, elle se jeta vers les portes, n'attendant pas l'arrêt pour se tenir prêt à bondir dehors et partit à fond de train à travers le troisième niveau et trouver l'enseigne du salon de thé. Les portes coulissèrent, lentement, trop lentement pour la jeune femme et dès qu'elle fut dehors, elle eut vraiment l'impression de ne pas être à sa place. Mais elle avait donnée sa parole, elle ne pouvait plus se défausser alors elle reprit sa course, atteignant le Ciel Ouvert à 15h10 selon sa montre. Elle avait du retard mais pas trop encore. Ainsi elle entra à l'intérieur, cherchant des yeux Javor qu'elle ne vit nulle part aussi elle harangua aimablement un serveur, lui demandant s'il était déjà arrivé mais non, elle n'était pas la seule en retard. Aussi, Lorna décida-t-elle de l'attendre à une table, en prenant un thé aux fruits rouges, le buvant lentement, tant pour faire durer le plaisir que pour ne pas avoir le sentiment d'attendre trop longtemps.
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Javor Eminya
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Dim 22 Avr - 16:44
Javor Eminya se considérait comme un homme occupé. C’était d’ailleurs pour cette raison qu’il s’entourait de personnels dont la tâche était spécifiquement de lui simplifier la vie et lui faire gagner du temps. Depuis plus d’un an, il était secondé de Charlize Botha, une sud-africaine d’une quarantaine d’années très cultivée sans pour autant avoir suivis un cursus universitaire. Lorsque cette dernière ne travaillait pas, c’était Adrian Gorbach qui prenait le relais. Il était bien plus jeune et avait une certaine candeur qui faisait sourire son patron. Javor aimait chapeauter le garçon, lui faire lire certains ouvrages afin de l’aider à s’ouvrir au monde et développer une pensée critique. Dans sa vie professionnelle, ce duo incongru se chargeait de prendre ses rendez-vous, de les inscrire dans un agenda en ligne, de lui apporter du café régulièrement et l’empêcher de sauter des repas lorsqu’il était trop absorbé par ses recherches. Pour ces dernières, divers stagiaires venaient lui prêter mains fortes. Dans sa vie personnelle, Norah, sa mère d’accueil durant les premières années du voyage, continuait à les aider, lui et Lilya, dans les démarches administratives importantes ou à se souvenir d’évènement important.

Ainsi, malgré les rappels affichés sur l’écran de son téléphone, Javor avait, ce jour-là, oublié son rendez-vous de 15h. Charlize avait elle-même appelé les voyageurs correspondant aux critères qu’il avait édicté. Voyez-vous, l’homme avait décidé de travailler sur la stratification sociale des habitants du vaisseau et, pour cela, il fallait aller à la rencontre de ces derniers. Javor savait à présent conduire des entretiens efficaces. Une quinzaine de rencontres lui permettront d’avoir une vision large de son objet de recherches afin d’affiner son analyse. Au rythme de deux par jour, il pourrait s’en sortir en une grosse semaine.

Plus tôt dans la matinée, il avait pris un petit-déjeuner avec un sage-femme prolixe. Il se retrouvait alors avec deux heures de conversation décousue qu’il fallait à présent retranscrire et retravailler afin d’éliminer les éléments superflus. Les écouteurs dans les oreilles, la pédale permettant de mettre en pause l’enregistrement, Javor pianotait sur son clavier à toute vitesse. Retranscrire lui-même lui permettait de tout contrôler : la ponctuation, les marques d’hésitations. De plus, cette première écoute était fondamentale, lui permettait de faire naître des prémices d’idées qu’il développera par la suite.

Peu avant l’heure de son rendez-vous au Ciel Ouvert, Adrian rentra dans le bureau, une assiette dans les mains.

« Il est temps pour une pause ! Vous n’avez toujours pas mangé. »

Il déposa à côté de l’ordinateur un sandwich et un grand verre d’eau. L’homme grogna, mais obéit.

« Charlize m’a appelé afin que je vous rappelle votre rendez-vous de 15h, au ciel ouvert. Avec une certaine… Il baissa les yeux vers le post-it collé à son index. Lorna Morigan. Elle tient une boutique de réparation. »

Javor hocha la tête, la bouche trop pleine pour répondre. L’horloge indiquait 14h54, mais il ne semblait pas se presser pour autant. Il ne se leva de son siège qu’une fois son repas fini. Il passa ensuite dans la salle d’eau adjacente où il se passa rapidement de l’eau sur le visage afin de rafraîchir sa mine pâlotte. Ce n’est qu’après tout ça qu’il quitta les bureaux de RCI pour gagner le Ciel Ouvert. Il aimait ce salon de thé et la population le fréquentant. Bon nombre de clients le reconnaissaient. Certains se permettaient même de venir l’aborder lorsqu’il y venait seul.

Il reconnut bien vite madame Morigan qui détonnait avec le cadre chic. Il s’approcha de la table et lui tendit la main.

« Javor Eminya. Mes excuses pour l’attente. »

Il prit ensuite place à la gauche de la jeune femme et fit signe à un serveur.

« Un thé noir et deux assortiments de macarons, s’il vous plaît. »

Il sortit des poches de son manteau un petit calepin et un dictaphone.

« Je vais enregistrer cet entretien, mais uniquement pour me permettre de travailler. Personne d’autre que moi ne l’entendra et votre nom ne sera pas cité dans mon travail final. Il ne s’agit pas de question réponse, voyez plutôt ça comme un dialogue. Ne réfléchissez pas trop à ce que vous dîtes, n’ayez pas peur du hors-sujet. Avez-vous des questions avant que nous ne commencions ? »

Javor était brut sans être impolis. Il désirait aller droit au but afin de leur faire gagner du temps à tous les deux. Pour autant, il ne fallait pas que la jeune femme se sente mal à l’aise au risque de la forcer à se censurer. Pour rendre la situation plus légère, il lui adressa un sourire bienveillant.

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Lorna Morigan
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Lun 23 Avr - 13:38
Lorna prenait tranquillement une gorgée de son thé, appréciant cette fantaisie qui lui avait pris, première depuis de longues années à avoir un arrière-goût un peu luxueux, quand elle vit arriver le chroniqueur. Elle l’avait un peu attendu mais pas assez pour avoir eu envie de partir, d’autant qu’elle s’amusait d’imposer sa présence guère en raccord avec les lieux. Elle avait perdu depuis longtemps ce verni chic qui venait avec la richesse et l’opulence et se moquait bien de la regagner un jour. Elle avait sa vie, son petit train-train quotidien, n’avait pas à répondre aux exigences de son père, à être polie en permanence, suivre les convenances ; la seule chose qui lui manquait de ce temps plus aisé était ses sorties avec sa sœur qu’elle n’avait pas cherché à revoir, repoussant toujours ce moment, craignant sa réaction.

La jeune femme nota que Javor avait quelques connaissances ici, c’était logique aussi ; lui, il évoluait toujours dans cette sphère. Lorsqu’il lui tendit la main, elle hésita une fraction de seconde à ne pas le saluer, jouer sa « connasse imbuvable » mais ce personnage n’était plus vraiment elle, alors elle esquissa un sourire et serra la main, sans la broyer mais avec assez de force.

« Javor Eminya. Mes excuses pour l’attente. » dit le chroniqueur en prenant place à la gauche de la jeune femme qui lui répondit après qu’il eut fait signe au serveur en demandant « Un thé noir et deux assortiments de macarons, s’il vous plaît. », appréciant la possibilité de goûter à quelques douceurs.

« Lorna Morigan. Ne vous en faîtes pas, j’ai failli vous faire attendre moi aussi. Le travail vous savez… ». Elle avait adopté un ton aimable et détendu, esquissant un léger sourire à la fin de sa phrase.

Sans surprise, elle vit l’homme sortir un calepin et un dictaphone et lui annoncer les modalités de l’entrevue :

« Je vais enregistrer cet entretien, mais uniquement pour me permettre de travailler. Personne d’autre que moi ne l’entendra et votre nom ne sera pas cité dans mon travail final. Il ne s’agit pas de question réponse, voyez plutôt ça comme un dialogue. Ne réfléchissez pas trop à ce que vous dîtes, n’ayez pas peur du hors-sujet. Avez-vous des questions avant que nous ne commencions ? »

Elle s’y était attendue. Que son nom ne soit pas cité rendait l’entrevue quelque peu moins intéressante mais maintenant qu’elle était là, elle ne pouvait pas partir parce qu’elle perdait une occasion de se faire de la publicité. Alors, sans rien montrer de cette légère déception, elle répondit, adoptant la même brutalité polie dans sa réponse que Javor, se disant que s’il ne prenait pas de gant et ne prenait pas quatre chemins, autant être elle-même et faire de même. Ce serait bien plus agréable que de tourner autour du pot.

« Parfait, je détestes tourner autour du pot, sauf pour casser les noix. Ah, pour information, je m’en tape que mon nom ou celui de ma boutique apparaisse, tant que c’est en termes positifs. Pas de questions, nous pouvons commencer. Oh, si, une chose, vous avez un stylo ? Sinon je peux vous en prêter un, c’est pratique pour prendre des notes. » dit-elle en sortant un stylo à encre noir d’une poche de sa veste, le lui présentant au cas où.

Lorna se demandait quels seraient les questions, ce qu’il cherchait au juste mais elle le découvrirait bien vite, pas besoin de perdre du temps avec ça. Elle ne savait pas encore si elle se montrerait tout à fait honnête, il y avait quelques moments de sa vie qui avait plutôt intérêt à ne pas trop ressurgir pour sa réputation même si elle n’en avait pas grand-chose à faire tant que les clients se pointaient et la régler. La réparatrice posa sa tasse après y avoir pris une courte gorgée puis, prenant une attitude détendue, elle attendit les premières questions.
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Javor Eminya
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Mer 25 Avr - 22:02
Javor hochait poliment la tête en écoutant la jeune femme. Sa main caressait sa barbe, lui donnant un air sérieux. Il ne prit pas la peine de lui expliquer pourquoi l'anonymat était important dans les recherches. Quelque part, il appréciait assurance de Lorna, lassé qu'il était des personnes perdants tous leurs moyens à la première question. Avec un peu de chance, elle continuerait d’aller droit au but dans ses réponses.

« Je n'ai pas besoin de stylo, merci. Mes notes me serviront uniquement à vérifier que tous les sujets ont bien été abordés. » Il marqua une courte pause, caressant la couverture du carnet, pensif. « Je ne prendrais aucune note durant l'entretien, afin de ne pas me distraire, ou vous distraire. »

Son ton était posé, pédagogue, un brin condescendant. Il ne la considérait pas autrement que comme une enfant encore un peu désinvolte. Son style, il pensait, en disant long sur sa personnalité, tout comme la façon qu’elle avait eut de lui répondre. Ce n’était pas nécessairement négatif dans le cadre d’un simple échange professionnel. Comme il l’avait tout d’abord pensé, ça ne le dérangeait pas de gagner du temps en allant droit au but. Il ouvrit son carnet à la page de son guide d’entretien, griffonné avec hâte il y a plusieurs jours. Il lu attentivement chaque ligne, hochant la tête en signe d’approbation avec lui-même. Des longues secondes passèrent durant lequel l’animateur était dans sa bulle. Si Lorna lui avait répondu, il n’avait pas entendu.

« Hm...Voilà… » Il prit son dictaphone et le mit en route sans prendre la peine de prévenir la jeune femme. « Bon, il se redressa et parut soudainement revenir à lui. Vous pouvez commencer par vous présenter, de la façon que vous voulez. »

Le serveur choisit cet instant pour réapparaître. Il déposa le thé noir devant Javor et laissa les deux assiettes au centre de table. L’odeur de la boisson gagnait les narines de l’animateur, lui rappelant la planète terre. Les familles de l’immeuble où il avait toujours vécu se rejoignaient parfois pour le thé et des fruits confits. Tout le monde apportait un petit quelque chose malgré la pauvreté, si bien que le moment ressemblait finalement à une fête improvisée. C’était des jours où la réalité était mise entre parenthèses. Chacun oubliait ses soucis, discutait et riait comme si le monde se portait bien. Sa mère avait organisé un goûter de la sorte la veille de son départ avec Lylia, mais il y avait eu énormément de larmes et de lamentations. Ça n’avait pas ressemblé aux après-midi habituelles, ce qui lui avait fait réaliser à quel point sa vie allait changer. Repensez à ça lui donnait le cafard, alors il chassa ces souvenirs de son esprit.

Il fit un signe de tête, invitant la jeune femme à goûter les macarons avec un petit sourire. Il se doutait qu’elle n’avait pas souvent l’occasion de commander dans un tel endroit. Il avait l’impression de faire sa bonne action du jour. Lui-même raffolait de ses petites pâtisseries. Il en attrapa une entre le pouce et l’index et la porta à sa bouche.

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Lorna Morigan
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Jeu 26 Avr - 22:04
Les questions n’avaient pas encore commençaient que déjà Lorna sentait que l’homme risquait de lui courir très vite sur le haricot ; rien que la manière de se caresser la barbe, par toc ou volontairement pour avoir l’air sérieux suffisait à l’agacer même si elle n’en montrait rien, continuant de paraître assurée. L’homme affirmant ne pas avoir besoin de stylo, Lorna rangea le sien dans une poche de sa veste puis retint un sourire, ne laissant paraître que deux légères fossettes amusées aux commissures de ses lèvres lorsqu’il en donna raison : il ne voulait pas qu’il ou elle soit distraite par cela, comme si ça pouvait suffire à la perturber… Mais bon, c’était lui le professionnel après tout… Par contre il avait intérêt à arrêter vite fait avec sa condescendance ; elle n’était peut-être qu’une réparatrice sans grande prétention, mais pas une idiote. Crissant légèrement des dents, elle se retint de lâcher une remarque bien sentie et décida de supporter un maximum et rester calme et courtoise, ce qui ne serait sans doute pas une mince affaire.

Pour autant elle n’aimait pas la manière dont elle se sentait jugée. Certes ses cheveux bleus électriques, sa veste de cuir brun posée sur la chaise, son chemisier vert pomme et son pantalon beige n’avait pas le luxe des tenues des clients plus réguliers mais elle pensait avoir fait preuve d’un minimum d’efforts pour ne pas ressembler à un plouc. Après, bien sûr, elle devait reconnaître qu’elle avait toujours eu un don pour la provoc et était d’un naturel désinvolte, ce qu’elle assumait parfaitement mais là il y avait quelque chose de rabaissant, comme lorsque l’on est pas pris au sérieux, que l’on ne voit qu’une enfant, un être immature.

« Hm...Voilà… »
fit Javor après avoir consulté ses notes puis prit son dictaphone et le mit en route sans prévenir Lorna, ce qui n’avait rien de bien grave d’autant qu’elle l’avait vu faire. « Bon » il se redressa et parut soudainement revenir à lui. « Vous pouvez commencer par vous présenter, de la façon que vous voulez. ».

Le serveur arrivant à cet instant, Lorna attendit qu’il eut déposé le thé devant Javor et les deux assiettes sur la table, qu’elle ignora pour l’instant, même si le chroniqueur l’invité à se servir, tel le fortuné donnant une piécette au clochard pour se donner bonne conscience, si elle se fiait à son impression. Puis, tandis que Javor se délectait d’un macaron, elle répondit ; elle avait eu tout le temps de trouver ses mots et surtout de se convaincre que lui envoyer une tasse de thé tiédissant à la figure ne la servirait pas.

« Eh bien, je suis Lorna Morigan, j’ai 22 ans et je tiens une boutique de réparation au deuxième niveau. Je suis la fille d’un… » elle allait dire d’un sale con de riche mais elle se retint in extremis, marquant une courte pause pour trouver le bon terme « Père inquiet de son image dorée d’ingénieur désireux de percer en politique depuis qu’il a mis le pied à bord… ». Il y avait un dégoût perceptible dans  sa voix, une rancœur tenace. « Et qui n’a rien trouvé de mieux que me laisser plonger. Depuis je survie comme je peux en tenant à l’écart mes vieux démons. ».

Elle n’en dirait pas plus pour se présenter et elle prit un macaron au chocolat qu’elle mangea avec tout le raffinement requis au lieu, appréciant leur saveur mais en gardant le même air calme et assuré, donnant l'impression qu'elle avait ou avait eu l'habitude de trainer dans ce genre de milieu. Puis, tout en prenant sa tasse de thé, elle fit signe à Javor de passer à la question suivante. Elle n’avait pas trop l’intention d’aller plus dans le détail sur ses démons, plus connus sous les initiales « SAD » : sexe, alcools et drogues. Pour autant, elle assumait son passé, l’utilisait même au besoin, mais, tant qu’elle n’aurait pas trouvé une faille à utiliser contre Javor, elle n’allait pas aller elle-même sur un terrain qui lui serait peu favorable.

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Javor Eminya
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Sam 19 Mai - 21:41
Javor prit le temps d'apprécier la pâtisserie, tout en écoutant de façon sérieuse ce que disais son vis-à-vis. Il se retint un sourire en sentant qu'elle était passé très proche d'un petit dérapage en ce qui concerne son père. Daddy Issues. Ce n'était pas propre aux populations les plus pauvres, donc non utilisable dans sa chronique, mais ça restait amusant dans un discours. Peut-être la raison qui faisait qu'il s'en tirait si bien était qu'il n'avait pas eu de parents assez longtemps pour le foutre en l'air. En tout cas, il était surpris de voir que cette jeune femme avait dégringolé l'échelle sociale pour arriver là où elle en était. Il fit oui de la tête, avala son macaron et repris la parole après cette raclé la gorge.

« Merci. Dites-moi, comment décririez-vous votre quotidien ? Ce que vous faite, vos habitudes, votre niveau de vie. Tout ce qui vous vient en tete, n'ayez pas peur de digressez. »

C'était meme le but, qu'elle digresse un peu sans s'en rendre compte, juste assez pour donner plus d'infos qu'elle n'aurait voulu, mais sans se perdre totalement non plus. Dans un entretien, l'examinateur doit s'effacer au maximum, se contenter de recentrer la parole lorsqu'elle s'éloigne trop des rails mais sans tarir le flux. C'était compliqué pour un homme doté d'un tel amour-propre, de s'effacer et se contenter d'écouter. Même avec l'expérience, il lui arrivait de couper la parole à un moment crucial, impatient de parler d'un sujet qui lui est venu à l'esprit.  

Il regarda assez intensément Lorna afin de faire naître un malaise. La gène fait avouer des choses. Sans détourner les yeux, il prit sa tasse et la porta à sa bouche. Ce goût le transportait mais il tentait de ne rien laisser paître. Garder la face, être neutre, stoïque. Tellement d'injonctions... Aux tables voisines, les discussions étaient amicales et allaient de bon train, entrecoupées de rire. Et au milieu, eux, qui détonnaient de biens des manières.

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Lorna Morigan
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Ven 29 Juin - 23:01
Lorsqu'elle manqua de se livrer à une mélopée injurieuse à l'égard de son père et se rattrapa de justesse, Lorna prit note, sans rien en montrer que son vis-à-vis avait été surpris. Ainsi, s'il était certainement présomptueux et imbu de sa personne, il n'était pas, en sus, impassible. Mais qu'est-ce qui l'avait surpris ? Son manque de sympathie à l'égard de son géniteur ou le fait qu'elle soit passée du sommet de l'échelle sociale à son dernier barreau ? Instinctivement, elle penchait pour la première réponse mais, quelque part, elle s'en moquait bien qu'il soit étonné par son histoire. Le chroniqueur voulait des réponses pour une enquête, elle lui en donnerait honnêtement, sans mentir car s'il était bien une chose qui lui était insupportable était de prétendre ne pas être ce qu'elle était ; autrement dit : elle n'aimait pas mentir sur elle-même.

La jeune femme écouta alors la question suivante, marquant un léger silence le temps de trouver les mots justes, dissimulant habilement cette courte réflexion en prenant une gorgée de son thé : « Merci. Dites-moi, comment décririez-vous votre quotidien ? Ce que vous faite, vos habitudes, votre niveau de vie. Tout ce qui vous vient en tête, n'ayez pas peur de digressez. »

« Mon quotidien... Il est assez banal. Je me lève vers sept heure, prend un petit déjeuner, me rend à ma boutique où je m'assure que tout est en place, qu'il ne manque rien d'essentiel sur les étagères -je pense que c'est important pour le client-, ouvre la boutique puis, si j'ai déjà des clients, je les reçois et dans le cas contraire je répare ce qui s'amassent dans mon atelier... Vers la mi-journée -souvent treize heure- je fais une courte pause pour manger puis je reprends le travail jusqu’à dix-neuf ou vingt heure. Cela constitue la majorité de mon quotidien et il n’y a bien que le dimanche où je ne me permets de ne rien faire, du moins rien qui ne soit lié au travail, à moins d’avoir un retard monstre. Je m’arrête, en moyenne, une fois sur deux le lundi également. La raison de ce rythme relativement soutenu est que je ne pratique pas des prix très élevés, la plupart de mes clients ne pouvant se le permettre. »

Lorna marqua alors une pause dans ses explications, remarquant finalement le regard insistant de Javor qui semblait décidé à la mettre mal à l’aise, espérant certainement qu’elle commette quelques impairs, qu’elle ne laisse échapper des choses qu’elle aurait voulu garder pour elle, ce qui lui rappelait d’une certaine manière sa sœur cadette. Alors, affichant un sourire amusé, elle reprit le fil de son discours, réprimant un ricanement en se rappelant qu’elle avait toujours eu du mal à ne pas dire de bêtises dans ces moments-là.

« J’ajouterai que j’ai tendance à éviter la foule, non que j’apprécie la solitude mais parce que je ne sais pas toujours comment me comporter, le dilemme entre la fille de bonne famille et la délinquante sans doute ! Cela fait que je ne sors guère souvent avec des amis, d’ailleurs je ne saurais vous en citer un seul. Il y a des gens pour m’apprécier mais cela s’arrête là. C’est donc seule que, une fois de temps à autre, je fais les boutiques, et encore je ne vais que là où j’ai l’intention d’acheter quelque chose. Je ne nettoie pas les vitrines comme tant de nos concitoyens. Une à deux fois l’an, il m’arrive d’aller voir un film lorsqu’il est projeté quelque chose qui me convient, sinon je les regarde chez moi mais souvent je préfère lire un livre, un manuel technique… Sinon, s’agissant de mon niveau de vie, je le dirais convenable. Certes ce n’est pas brillant mais c’est suffisant pour vivre correctement, manger à ma fin et faire tourner ma boutique. Il arrive toutefois que les fins de mois soit assez compliquées et m’imposent de me restreindre sur des petites choses comme les pâtisseries. ».

Sur ses mots, Lorna s’arrêta, termina sa tasse de thé et la reposa sur la table avant de prendre une seconde douceur, après avoir fait signe à Javor de passer à la question suivante ou d’essayer d’obtenir plus d’informations sur ce qu’elle avait déjà pu dire.
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