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Montez à bord du vaisseau et partez à la recherche d'un nouveau foyer pour l'Humanité.
 
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Après la tempête

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Ira Hraoui
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Sam 2 Déc - 17:11


Après la tempêteLe calme ?
- PUTAIN PUTAIN PUTAIN MAIS FUCK !

Comme un lion en cage, Ira fit les cent pas dans sa cabine, piétinant plusieurs fois le carton de sa dernière pizza. Son corps tremblait sans qu'elle ne puisse l'arrêter. Le bourdonnement dû aux tirs refusait de quitter ses oreilles. Soucieuse de prendre des nouvelles de ses proches, Ira attrapa son téléphone dissimulé dans ses vêtements. Un message de sa sœur lui demandait si elle avait pu s'en sortir. Elle et leur mère étaient encore dans la salle, mais avaient réussi à échapper aux diverses violences. N'ayant toujours aucune nouvelle de son collègue et ami, la mécanicienne tapa un rapide message sur son clavier avant de l'envoyer. Ne sachant pas comment patienter, elle se laissa lourdement tomber sur son lit, le mobile posé sur son ventre. Ses cheveux noirs s'échappaient des tresses pour mourir sur l'oreiller. Son maquillage avait coulé, noircissant le contour de ses yeux en lui donnant un air fatigué. Cependant, petit à petit, elle parvenait à reprendre son souffle. Des bruits de courses résonnaient dans les couloirs, mais les cris se dissipaient. Ira ne doutait pas que, bientôt, tout le vaisseau redeviendrait aussi calme qu'à l'accoutumée.

Elle se tourna sur le côté, observant le deuxième lit de la chambre, vide. Elle ne croisait que peu sa colocataire et, au final, ne la connaissait que très peu. Ce qu'elle était devenue durant l'émeute ne l’intéressait que très peu. Elle espérait juste qu'elle ne rapporterait pas de problème avec elle, la prochaine fois qu'elle passera la porte de leur cabine.

Encore nerveuse, la jeune femme attrapa son téléphone pour vérifier si ses messages avaient reçu une réponse. Non. Tant pis, elle ajouta un texto à la longue liste déjà envoyée à Kerwan. C'était son seul allié sur le vaisseau, elle n'avait personne d'autre pour qui s'inquiéter.
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Kerwan Walsh
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Sam 2 Déc - 22:35
« Dégage !
– Enculés de flics !
– C’est bon, c’est bon, on trace...
– CIRCULEZ ! »

« T’as frappé ma sœur !
– Ferme-la, circule ! »


C’est la fin de fête. Ou alors le milieu, ça dépend de combien de personnes seront résolues. Le long d’une « avenue » formée entre des cabines, deux camps s’opposent, avec l’un qui recule progressivement en donnant du terrain.
D’un côté, celui en train de plier, trente à quarante personnes apeurées. Tous portent de belles tenues, même si pour ceux aux revenus modestes, ce 31 se résume à des chemises blanches peu onéreuses ou des jupes qui tranchent avec leurs bleus de travail ordinairement couverts d’huile. La plupart de ces pauvres ouailles ont l’air débraillé. Une femme a retiré ses talons qui lui faisaient trop mal pour les porter à la main. Certains, surtout les jeunes en fait, utilisent des cravates ou des t-shirt enroulés pour se camoufler le visage, et s’arrêtent quelques fois pour faire un doigt au bloc s’avançant, à aller renverser une poubelle ou jeter quelque chose sur une vitre.
De l’autre, ceux en minorité. Une demi-douzaine d’hommes, et une femme, qui portent de gros plastrons en plastique durci sur leurs treillis bleu-noir, avec écrit en lettres capitales dans une police blanche très typée « SÉCURITÉ ». Ils avancent en ligne droite, leurs visages qu’ils laissaient encore exposés et amicaux il y a quelques heures ayant été remplacés par des grosses cagoules sous un casque avec une visière transparente, et dans leurs mains, de grosses matraques qu’ils enserrent, prêts à riposter au moindre contact physique. Juste derrière leur ligne, au-dessus des têtes, volent des petits drones qui projettent une lumière inquiétante, et qui font retenir une sirène à percer les tympans par intermittence. Tout l’arsenal des unités de sécurité, qui jusqu’ici rouillait dans une armurerie, a été sorti pour l’occasion.

Il y a ici quelqu’un qui reconnaît bien le matériel des forces de sécurité. Il sait quelle quantité de gaz lacrymogène les drones volant en l’air peuvent déverser, la portée du tir des fusils des forces de l’ordre, la capacité de protection de leurs morceaux de plastiques conçus pour résister aux chocs et coups de couteaux. Non pas qu’il soit flic. Mais il est payé pour entretenir leurs gadgets qu’ils peuvent enfin utiliser à échelle réelle et non plus dans les conditions fermées de l’entraînement.
Kerwan Walsh traîne de la patte. Seuls dix mètres le sépare des flics qui arrivent en allant au pas. Il marche, hagard, en toussant beaucoup. Des larmes coulent de ses yeux, il a le visage rouge, il a mal à la gorge. Sa chemise n’est plus dans son pantalon, sa veste de costume a été en partie arrachée. Et maintenant il boite un peu. Il n’a pas envie de s’enfuir en courant, mais il a perdu toute envie de faire le dur face aux casqués qui le suivent.
Kerwan Walsh a reçu du lacrymogène.

« Pourquoi ?! Pourquoi vous faites ça ?! Vous avez frappé une femme bordel ! On faisait rien de mal ! Se met à hurler un de ces gamins un peu brave, en faisant trois grands pas élancés vers les agents de sécurité.
– Non mais laisse gamin, laisse
, l’arrête soudain Kerwan entre deux grosses quintes de toux, en lui attrapant le bras. Laisse !
– C’est des putains de sauvages ! C’est des putains de sauvages !
– Laisse !
Continue Kerwan, incapable de trouver des arguments convaincants avec son état de détresse respiratoire. Oh qu’il aimerait psalmodier et se lancer dans un débat avec lui. Sur comment les flics font que leur boulot, et qu’actuellement leur boulot d’automates, c’est de distribuer des raclées, et qu’ainsi ça ne sert à rien de les raisonner, d’attiser leur pitié, ou même de chercher à leur faire peur. Mais Walsh, s’il parvient à tirer un peu le gamin en arrière, passe surtout son temps à cracher des glaires, tandis que le jeune, se laissant emporter par le vieux, continue de hurler à l’intention des casqués.
– Bande de salauds ! Salauds ! Vous avez pas de filles ? Pas de sœurs ?!
– Circulez !
– Va te faire mettre !
– Mais laisse ! Laisse-les, viens avec moi... »

Walsh parvient finalement à le lâcher après être sûr que le jeune se soit calmé. Celui-ci n’en démord pas ; Mais au lieu d’insulter les flics, il se met à parler au mécano. À lui dire comment il ne faisait rien, que les flics ont tiré dans une foule émeutière, que sa sœur a reçu un coup de matraque, qu’il a voulu la soutenir mais qu’une grenade aveuglante a roulé sous ses yeux. Walsh l’écoute, mais ne répond rien. Malgré les larmes qui coulent sur ses yeux, il cherche à sortir son portable, en peine.

« Salauds de flics !

– Ta sœur elle est à la clinique ! Tu sais comment l’administration elle est efficace ? Tu vois les drones au-dessus de nous ?
– Ouais ?
– Ils ont des caméras. Ils sont en train de nous filmer. Et ça sera pas dur pour eux de reconnaître ton visage- Fait Kerwan avant d’à nouveau tousser comme un fou, sa voix se faisait plus grave et moins audible. Alors ferme-la ! T’as pas envie de finir en zonzon ! »


Il considère les drones qui volent en l’air. Et il décide finalement de soutenir le mécanicien pour lui permettre de s’enfuir plus vite. Le vieux a enfin une béquille. Il peut enfin de saisir de son portable.
À peine l’écran s’illumine, qu’il voit qu’un tas de gens l’ont appelé. Son colloc. Un collègue de bureau. Son ex-femme.
Ira.

Déverrouillant l’écran, le mécanicien se dépêche de répondre au plus récent. C’est pas Ira. Mais il n’a pas véritablement le temps d’y penser, le mécano ; Son cerveau est liquéfié par le produit poivré dont on lui a filé une douche. Il est juste content que l’apprenti-casseur à ses côtés, ait décidé de se raviser et de le soutenir.

« Prends le chemin à gauche gamin.
– Pourquoi ?
– Parce que je crois qu’on peut s’enfuir par là. J’ai pas envie de me retrouver avec tout un tas d’autres manifestants encerclé pendant quatre heures le temps qu’on se disperse.
– Ils font quoi les keufs ?
– Ils dirigent du bétail ! C’est long et laborieux et y se bouffent des cailloux, ça les rend nerveux, et tu sais ce que c’est un homme nerveux. C’est comme ça que les drames arrivent, et je suis trop vieux pour les drames. »


Kerwan se souvenait de pourquoi il n’avait jamais aimé les grandes villes. Et d’ailleurs, il en profitait pour donner son opinion au gamin qui souhaitait faire exploser sa colère. Trop de gens rassemblés à un même endroit, ça attire plein de cons. Sur Terre, des émeutes, il y avait comme ça. Tout le monde en faisait : Des musulmans et des chrétiens, des paysans et des ouvriers, des gars de cités et d’autres de centre-ville, des salariés et des chômeurs, mais le moment vraiment tendu c’est quand des gendarmes eux-mêmes s’étaient mis à manifester. La tension sociale et politique était telle que n’importe quelle petite étincelle justifiait de tout péter, et visiblement quelqu’un avait laissé traîner un peu de poudre. Il semblerait que même ici, à des années-lumières de la Terre, l’espèce humaine aussi trouvait le moyen génial de donner lieu à ces explosions de colère qu’il fallait réprimer le plus vite possible.
Le jeune suivit les ordres du mécanicien, et l’attira à l’écart. La lignée de flics, pas encore renforcée par d’autres gars tout aussi plastronnés qu’eux, ne les poursuivit pas. C’était le bon moment pour filer, parce que Kerwan devinait ce que les keufs foutaient : Le but c’était de regrouper un maximum les manifestants, pour que le dispositif policier nécessaire à les encadrer soit plus réduit. Bien sûr, il fallait scinder ces manifestants en deux groupes, puisque le but était d’éviter que les « anti » ou « pro » clandestins ne se rencontrent. Mais le comble de la folie, c’est quand le jeune se mit à lui dire :

« T’en pense quoi de cette histoire d’illégaux ?
– J’en pense rien et je veux pas le savoir. Vas-y continue là-bas. »

Ils fuient. Mais ils fuient vers un endroit qu’il connaît. Il se dépêche de rassurer la deuxième personne qui lui envoie des SMS, alors que le gamin se présente en lui donnant son nom, une politesse que Kerwan se dépêche d’échange avec quelques mots.
Derrière eux, on entend toujours le brouhaha et des détonations de grenades de désencerclement.

« Tu fais quoi dans la vie, Gheysle ?
– Je bosse dans un restaurant.
– Continue à droite faut pas qu’on reste où y a trop de monde. »


Ils fuient vers un endroit que le mécanicien connaît. C’est son « quartier ». Il se dépêche d’envoyer un message à celle qui le harcèle :

Keker’ :
@IraH

Je vai bien. T chez toi ?
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Ira Hraoui
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Mar 5 Déc - 0:52


Après la tempêteLe calme ?
Ira resta interdite devant le SMS. Sa lèvre supérieure frétillait de dégoût alors que ses yeux ne pouvait se détacher de ces quelques lettres, trop peu nombreuses aux yeux de la mécanicienne. Le message aurait dû la rassurer, mais cette orthographe avait fait planter son cerveau. Il lui fallut une dizaine de secondes pour que la jeune femme réussisse à se ressaisir. Allez, disons que c'était sous la panique. Elle soupira, heureuse malgré tout de le savoir sain et sauf.

Oui. Tu peux passer ?

Elle avait besoin de se vider la tête. Elle doutait que la pizzeria était ouverte, mais si c'était le cas elle n'hésiterait pas à leur passer un coup de téléphone pour compléter la soirée. Le message envoyé, la jeune femme s'installa sur son lit, le dos contre le mur et les genoux repliés contre son torse. Sa mère répondit également à son message : elle et sa soeur avaient pu sortir sans trop d'encombre. Un long soupire sorti de ses lèvres, la pression était redescendue.

Sa tête pencha en arrière jusqu'à rencontrer la paroi de métal. Cette fichue soirée était terminée et ce n'était pas pour lui déplaire.

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Kerwan Walsh
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Mar 5 Déc - 1:44
Walsh, le téléphone toujours à la main, était occupé à parler avec son ex-femme tandis que son nouveau comparse continuait de tenter de lui faire la conversation :

« Je t’ai même pas demandé si t’es blessé...
– Je vais bien ! Mais à un moment dans la foule j’ai été poussé, je suis tombé sur ma hanche...
J’ai connu pire hein j’ai rien de cassé. Et puis ça aurait pu être grave : Je crois que j’ai vu quelqu’un se faire piétiner, je suis pas sûr. J’espère que personne est mort ! »


Gheysle acquiesça d’un simple mouvement de tête, avant de continuer à soutenir l’aîné. Lui aussi, il se mit à se saisir de son portable pour tenter d’obtenir des nouvelles. Mais elles semblaient bien moins fructueuses.

« Ta sœur ?
– Aucun message. Et pas elle seulement... Un pote, j’ai aucune nouvelle.
– Tu l’as vu où pour la dernière fois ?
– ... Avec les gars qui manifestaient. »


Walsh se pinça les lèvres dans une grimace. Aïlle. Si beaucoup des gens qui fuyaient de tous les côtés n’étaient, au final, qu’une bande de pauvres hères qui ne demandaient rien à personne, et qui allaient rapidement rentrer chez eux sans faire d’histoires, c’était autre chose pour les simples échauffés, et probablement encore pire pour les activistes qui avaient mit le feu aux poudres. Alors Kerwan ne dit rien, ne trouvant pas de mensonges réconfortants suffisamment crédibles pour le rassurer.

Ils remontaient la ruelle, et Kerwan répondit au message d’Ira :

J’arriv. Reste chez toi. T’es pas blessé ?

« Eh merde. »

Le mécano leva les yeux de son portable juste après avoir appuyé son pouce sur l’écran tactile, du côté de la petite flèche qui devait envoyer le message. Les deux fuyards étaient juste tombés derrière une patrouille de flics. Deux gars en vêtements civils, juste un brassard orange-fluo marqué « SÉCURITÉ » sur le biceps. Ils étaient affairés devant un petit drone terrestre dont ils avaient ouvert le compartiment, et maintenant, cagoules sur le visage, ils commençaient à sortir l’équipement de maîtrise de la foule. La simple vue des deux gars les sidéra tout comme Gheysle et Kerwan étaient scotchés. Les deux duos s’observèrent, immobiles, avant que les flics ne réagissent par instinct : L’un sorti sa matraque télescopique tandis que son collègue s’avançait en montrant la paume de sa main.

« Hop hop ! On bouge pas ! Contrôles d’identité ! »

Gheysle murmurait dans le col de sa veste alors qu’il rangeait son téléphone pour tenter de trouver sa carte d’identité derrière sa veste. Les flics en face d’eux semblaient travaillés, parce que le type qui leur avait demandé les papiers leva une main et posa l’autre sur sa matraque pas encore déployée. Il fallut que Kerwan le rassure avec un « Du calme... » chuchoté, et un signe de bras vers le bas. Kerwan aussi, devrait chercher ses papiers. Mais quelque chose l’arrêta. Les yeux du keuf.

« Aldric... C’est toi ? »

Le policier fit semblant de pas comprendre, mais ses sourcils se froncèrent visiblement.

« Merde Aldric, je te reconnais même avec une cagoule !
– Commence pas, Kerwan. Tes papiers s’il te plaît.
– Tu vas pas me contrôler mon identité alors que tu la connais ! T’es pas un sauvage merde !
– Y a un problème ? Demanda l’autre flic en s’avançant avec sa matraque, et en lançant des petits coups d’œils derrière lui comme une chouette, sûrement apeuré qu’une horde de manifestants ne remonte la route qu’ils étaient censés verrouiller.
– Y a pas de problèmes, assura Kerwan. On est juste en train de se casser.
– Tes papiers Ker’.
– V’là les miens »
, répondit Gheysle en tendant sa carte à l’agent.

Le policier attrapa la carte d’identité du jeune homme. Il retourna les talons de ses semelles cloutées pour se diriger vers le drone qui accompagnait les agents, et la plaça dans une fente métallique. Un petit ordinateur de bord, avec la lenteur habituelle de l’informatique, traita les données de la carte, pour vérifier la conformité de l’identité, et surtout, s’il y avait des mandats d’arrêts ou des visionnages de caméras suspects liés à son détenteur.
Il restait que pendant que ça chargeait, Kerwan n’avait toujours pas donné sa carte. Et si « Aldric » était occupé avec l’ordinateur, son collègue se montrait beaucoup moins conciliant.

« Donne ta carte.
– Attendez, hein ?
Fit Kerwan en fouillant dans l’autre poche de son costume malgré le mal de chien à sa hanche, soudain paniqué à l’idée qu’il l’avait peut-être perdue dans la foule. De toute façon l’ordi’ y charge, y a pas de raisons à être pressé...
– Discute pas. Ta carte. Allez. Allez grouille, ta carte ! »


Détonation au bout de la rue. Assez pour faire trembler les corps des quatre âmes esseulées sous les néons éblouissants des panneaux publicitaires. L’agent Aldric parle à voix haute pour calmer la nervosité de son collègue :

« C’est des pétards pas des flingues. T’inquiète.
– Bon ! File ta carte ! »


Kerwan crisse des dents. C’est pas dans les poches intérieures de son costume. Maintenant y se met à chercher dans celles de son pantalon. Mais il est trop lent au goût du condé :

« T’as ta carte ?! T’as pas ta carte ?!
– Non mais ! Je crois que je l’aie perdue !
– T’as pas ta carte ? On t’embarque !
– Mais pourquoi ?!
– Détournement de dispositif policier, quelle preuve j’ai que vous êtes pas des casseurs hein ?!
– Mais t’es fou ! T’as vu ma tronche ?!
S’énerve Kerwan en pointant son doigt vers sa face dégoulinante de larmes à cause du lacrymogène. Tu crois que j’ai une tête à casser des vitrines ?!
Aldric bordel tu me connais ! Calme-le ! Je veux juste rentrer chez moi là !
– Mains derrière la tête ! »


Le flic énervé lève sa matraque, assez pour que, de façon reptilienne, Kerwan se retrouve à faire un pas en arrière, à lever un bras au-dessus de sa tête, et surtout, à serrer un poing. Le flic l’a vu, et lui-même doit maîtriser son instinct pour ne pas donner un coup de bâton dans le mécanicien. Mais Aldric regarde l’écran du drone, et ses pupilles s’écarquillent.
Il se retourne en sortant de son holster le taser de service, qu’il vise vers le sol. Une main se dirige vers Gheysle, alors qu’instinctivement il crie à son collègue :

« Recule Leth ! »

L’ordre fait que Leth, au lieu d’obéir et de bondir en arrière, pivote le buste pour regarder son collègue. Il expose ainsi sa mâchoire, et son corps, et Gheysle en profite. Reptilien, je vous dis. Voilà que le jeune homme s’élance en avant, poussant Kerwan sur le côté, et décroche une magnifique droite dans le visage cagoulé devant lui. L’agent de sécurité tombe en arrière, sonné, et Gheysle tombe presque avec lui, parvenant par un miracle ou par exercice à se retourner, à glisser sur le sol à cause de son déséquilibre, avant de se relever comme un lièvre et de bondir en avant. Aldric vise en avant et tire avec son taser ; Les fléchettes s’écrasent sur le sol, permettant au gamin de gagner de précieux mètres d’avances.

« Allez casse-toi Kerwan merde ! »

Aldric s’agenouille à côté de son collègue pour s’assurer qu’il aille bien. Il le relève avant de se saisir de sa radio. Voyant que le mécanicien est toujours à terre, un peu groggy, il lui hurle à nouveau, postillonnant dans le nylon de sa cagoule :

« Mais tu fous quoi ?! Merde, barre-toi, barre-toi ! »

Kerwan n’attends pas son reste. Il se relève sur ses deux pattes et s’enfuit à la vitesse d’un handicapé boiteux, tandis que les deux flics courent avec le gamin à toute vitesse, Aldric hurlant dans sa radio un jargon policier incompréhensible si ce n’est qu’ils traquent un suspect blanc, 1m80, la vingtaine, portant un jean et une chemise blanche.

Loqueteux, tremblant d’excitation à cause de l’adrénaline, celle-ci avait néanmoins permit à Kerwan de s’enfuir sans – trop – ressentir la douleur qui l’étrillait. Il ignorait les détonations de pétards, les gros bourdons métalliques dans le ciel, ou l’idée qu’il venait d’abandonner un gamin à être réduit en charpie par des matraques.
Il fuyait comme un animal vers son terrier, en connaissant chaque route, chaque passage, et en baissant bien la tête pour ignorer les lumières aveuglantes et les sons parasites, puisque de toute façon les acouphènes devinrent plus sonores et sa vision brouillée. C’était un automate qui fuyait en avant vers la sécurité.
Vers la porte d’Ira.
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Ira Hraoui
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Mer 6 Déc - 22:00


Après la tempêteLe calme ?
Une vibration.

J’arriv. Reste chez toi. T’es pas blessé ?

La jeune mécanicienne soupira et roula le regard. Sans répondre, elle balança son téléphone un peu plus loin. Elle n’aimait pas qu’il écrive comme les mécaniciens attardés à force de sniffer le carburant de moteur, et encore moins qu’il lui dise quoi faire comme un parent inquiet. Il le savait très bien, elle lui avait répété de nombreuses fois. Apparemment, il était trop vieux pour changer. Tant pis. Elle l’appréciait quand même. Savoir qu’il arrivait lui mit un peu de baume au cœur. Elle se redressa, quittant la pièce principale pour rejoindre la minuscule salle de bain adjacente. Ira s’aspergea le visage d’eau froide, faisant baver son maquillage déjà étalé autour de ses yeux. Bien. Si elle savait ce qu’était un panda, elle se serait sûrement comparée à ça. Ses mains s’agrippèrent aux bords du lavabo alors qu’elle s’observait dans la glace en grimaçant. Sa mine était affreuse et ses cheveux étaient une catastrophe. Précautionneusement, la jeune femme entreprit de retirer les diverses épingles maintenant - la coiffure trop sophistiquée - à son goût que sa sœur lui avait fait. Une fois libérées, ses mèches noires se vengèrent en prenant du volume et volant en tout les sens. Le panda était devenu un lion. Génial. Continuant de grogner, elle se peigna des doigts jusqu’à entendre des détonations dans le couloir.

Ira se mordit la lèvre et s’immobilisa, voulant être sûr de ce qu’elle avait entendue. Le bruit recommença quelques dizaines de secondes plus tard. Ça ressemblait à une explosion et ça n’annonçait rien de bon. Ca semblait provenir de quelque part dans le quartier d’habitation. N’écoutant que sa connerie, la mécanicienne se précipita à la porte de sa cabine pour jeter un œil dans le couloir. Un group de jeune courrait en riant, sûrement grisé par l’alcool. Au loin, on pouvait entendre des cris, ou des ricanements, ainsi que du mouvement. Elle espérait que Kerwan parviendrait à la rejoindre sans trop d’encombres. Elle rentra un instant pour attraper son téléphone, mais lorsqu’elle réapparut dans l’encadrement de la porte, elle aperçue son collègue boitiller en sa direction.

Kerwan !

Elle se précipita l’aider et le supporta jusqu’à la cabine qu’il connaissait bien.

Tu m’avais dit que tu allais bien, t’es con, c’est pas possible !

Elle grognait plus qu’elle ne l’engueulait, mais on pouvait lire la désapprobation sur son visage. Elle s’en voulait un peu de l’avoir fait courir jusque-là juste pour la rassurer.

Tu veux un verre d’eau ?

L’hôtesse n’attendit pas la réponse et pénétra dans la salle de bain pour remplir un verre qu’elle tendit ensuite à son collègue avant de s’asseoir un côté de lui. Ou plutôt de s’avachir. Elle se laissa tomber lourdement sur le matelas comme si elle venait de passer la pire journée de sa vie.
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Kerwan Walsh
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Mer 6 Déc - 22:38
Le mécanicien acceptait sans véritablement broncher la nouvelle béquille qui s’offrait à lui. L’adrénaline, je vous dis ; Maintenant n’était pas encore le moment de faire le mâle viril qui repousse toute assistance. Ce n’est pas comme ça que le corps humain réfléchit. Non, pour l’heure, c’était une épave sur-excitée, transpirante, avec des traces d’éraflure sur le visage, une hanche peut-être cassée et du lacrymogène dans le système respiratoire qui se présentait chez son collègue de travail. En la voyant se plaindre, il n’avait pu que beugler quelques mots :

« Mais je vais très bien ! Je vais très bien je vais tout t’expliquer ! »

Il eut à peine le temps d’être assis sur le matelas de la chambre qu’une Ira qui n’avait pas encore eut le temps de se mettre en survet’ lui ramenait un verre d’eau. Le petit battement de quelques secondes entre le moment où elle lui demandait s’il voulait un verre, puis ses bonds pour aller chercher un verre à peu près propre pour le remplir, avait au moins servi à Kerwan pour souffler très lourdement et serrer les crocs et mettre ses mains dans ses cheveux. Il se sentait mou et malade, et pas comme quand on rentre de la piscine les cheveux mouillés après avoir bu la tasse d’eau chlorée. Là c’est autre chose. Un autre niveau de folie et de peur, d’autant plus que son cœur continuait lui à battre à 100 pulsations par minute, que ses oreilles bourdonnaient, et que, l’adrénaline redescendant, il se mettait à ressentir la douleur lançant dans son côté.

« T’aurais pas un truc un peu plus fort que de l’eau ? »
demanda-t-il en levant ses yeux rouges. Mais il n’oublia pas de dire « merci » en attrapant le verre pour rapidement s’hydrater.
L’eau lui brûlait la gorge et le fit tousser. Il pleura à nouveau, et posa ses doigts sur ses yeux pour constater qu’ils piquaient encore.

« Comment va ta sœur ? Ta maman ? Elles sont en sécurité hein ?
C’est un peu la folie dans les rues, ça va p’têt prendre un peu de temps pour se tasser... »


En réalité, le chaos de l’extérieur était calme comparé à ce qui se passait il y a encore une heure. Dehors, hormis quelques jeunes qui profitaient de cette soirée pour faire exploser leurs colères et leurs frustrations longtemps réprimées dans une société aseptisée en brûlant des poubelles et en jetant des objets sur des vitrines, il n’y avait plus grand monde pour tout détruire.

« ‘tain y s’est passé de ces choses... Devine qui j’ai croisé à agiter des gros flingues et à se cuirasser ? Aldric. T’sais, le keuf, ‘fin, l’agent de sécurité, qui voulait ton numéro... Rah c’était le bordel...
En vrai je vais bien mais j’ai un peu un mal de chien... Heu... J’peux t’emprunter un cachet ? Avec une bière ça peut vraiment pas faire de mal hein ? »
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Ira Hraoui
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Mar 19 Déc - 22:58


Après la tempêteLe calme ?
Ira se laissa aller. Ses épaules et son dos se détendirent alors que ses yeux se fermaient et sa respiration retrouvait un rythme normal. Sa cabine était redevenu son petit cocon sale mais sécurisant. Personne n'y rentrait sauf le livreur de pizza et sa charmante colocataire. Ira se concentra sur les bruits familiers : le plop du lavabo qui continuait pendant une dizaine de minutes après l'avoir fermé, le vrombissement de l'aération passant dans le mur, contre son lit, la voix d'ours de son ami. Sa maison se résumait à ça.

fini ton eau, on verra ça plus tard, si tu veux bien.

Dans un énorme effort, elle ouvrit un oeil pour s'assurer que Kerwan buvait le verre. Il était mal en point mais sa tenue la fit sourire. Il avait mis ce fichu costume, et elle sa fichue robe.

Ouais, elles vont biens. Et toi, des nouvelles de ta femme ?

Elle avait l'habitude de le taquiner là-dessus. Bien sûr qu'elle était au courant pour le divorce, le premier comme le deuxième, mais rien que pour le faire grogner, elle continuait d'oublie le "ex" dès qu'elle parlait d'Ainsley. Cette blague sonna de mauvais goût cette fois-ci, laissant un goût amer dans la bouche de la demoiselle.

C'est dommage pour ta tenue. Je suis sûr que t'avais un certain charme avant de te faire attaquer par des tarés.

Un petit rire s'échappa, trahissant à la fois un malaise et la déception d'avoir passé une soirée si terrible. Ca aurait pu être un bon moment pour tout le monde.
(a) Moses
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Kerwan Walsh
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Mer 20 Déc - 0:13
Kerwan fut rassuré que la famille d’Ira allait bien. « Elles vont bien. » C’est laconique. Mais c’était bien que ce soit court comme explication, ça montrait bien qu’elle était rassurée. Il fallait pas craindre des blessures ou des heurts.
Mais peut-être est-ce que le quarantenaire se faisait trop de bile également. Encore excité, les acouphènes dans les oreilles, le lacrymo dans la gueule, il commençait tout juste à se calmer, alors que l’adrénaline se dissipant laissait place à un mal de hanche et à une migraine derrière les yeux.

La migraine c’était peut-être à cause de la question sur sa femme, d’ailleurs.

« Oué oué. Ainsley est partie avant que ça dégénère... Y a pas eu de casse.
J’attends toujours des nouvelles de David. Lui je suis moins rassuré. Con comme il est il a certainement été embarqué par les flics. Ça va encore faire beau sur sa scolarité tiens.
Et, heu, ta coloc’, des nouvelles ? »


Kerwan la connaissait un peu la colloc d’Ira. Il était pas spécialement pote avec. Mais dans son esprit formaté, peut-être par les exercices d’évacuation, ou juste par son instinct casanier, il se sentait poussé à vouloir prendre des nouvelles de tout le monde et à se faire un sang d’encre pour n’importe quoi. Une fois que Ira lui aura communiqué le statut de sa colocataire, Kerwan irait probablement demander si elle avait des nouvelles des collègues de travail, des voisins, de la concierge et puis du gars qui livre les pizzas. C’est comme ça dans le crâne de Kerwan.
Il avait même pas relevé le fait qu’elle avait dit « femme » au lieu « d’ex-femme ». Un mini-détail, et qui pourtant a son importance, dans l’espèce de relation qui noue les deux bouffeurs de merdes grasses. Mais il est comme ça Kerwan. Il réfléchit lentement, surtout quand, on se répète, il a de la lacrymogène dans les poumons.

« Hé, hé hé, qu’est-ce tu racontes ‘’j’avais’’ du charme ? Tu veux dire que là j’en ai plus du charme ? »

Et sitôt dit, Kerwan se met à avoir une grosse quinte de toux. Ce qui ne l’empêche pas de bien remettre sa chemise dans son pantalon, de serrer son nœud pap’, et de passer sa main sur le pan de son costard qui est froissé et un peu déchiré près de l’aisselle.

« En plus j’ai même pas été attaqué par des tarés. Je me suis même pas fait tirer dessus par les keufs. J’ai été bousculé ! Tu me diras, les gens y deviennent tarés quand y sont nombreux et affolés. Pire que des excités du bulbe comme David.
Encore que en rentrant, quand je...
Il toussa ses glaires. Merde... Heu, quand j’ai croisé Aldric, y s’est passé un truc... ‘fin... Y avait un gamin... ‘fin... Y m’a accompagné. Mais Aldric a voulu l’embarquer, et le gamin il a filé et il a eut la bonne idée de me pousser, ce qui fait que je me suis rétamé deux fois dans la même soirée. Mais c’est le pauvre gamin aussi enfin je sais pas ce que c’était le problème avec lui...
‘fin tu t’en fous... Je suis désolé, je parle, je parle... Je suis juste content de te revoir. Puis enfin on a la paix. »


Il tousse à nouveau, décidément. Et il reste là, devant le lit, avec son costume à peine remis, et puis un bête sourire dans sa barbe.

« Vas-y. Où tu planques l'alcool ? Je t’en amène. »
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Ira Hraoui
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Mer 27 Déc - 1:19


Après la tempêteLe calme ?
La jeune femme soupira en écoutant son collègue parler autant. Il semblait un peu secoué. Ou inquiet, du moins. Quand il agissait comme ça, Ira ne pouvait pas s'empêcher de penser qu'il aurait fait un chouette daron. Un peu crade et junk, mais il aurait aimé ses gosses comme un malade. C'était con qu'il n'ait jamais pensé à se reproduire. Ca aurait fait des bébés barbus puant la clope froide et l'huile de pizza. L'Humanité avait besoin de ça.

Non, j'ai des nouvelles de personnes d'autres, tu te prends trop la tête gars.

Elle soupira une énième fois et ferma les yeux, pour montrer l'exemple à son ami. À être stressé comme ça, il commençait à la contaminer et il en était hors de question !

Elle fut rassurée de l'entendre repartir sur un ton plus léger. Elle sourit à sa blague et ouvrit les yeux pour admirer le mââââle. Son corps roula sur le côté, sa tête soutenu par sa main.

Parle si ça t'aide à te calmer, je t'en empêcherais pas ! Mais tu m'as même pas complimenté sur ma robe, ça me blesse tu sais. J'ai pris des heures à la choisir parmi les nombreux trésors de ma garde robe haha.

Ses yeux riaient tout autant que sa bouche, ce qui la rendait lumineuse malgré le maquillage noircissant ses joues. Sa tenue à elle était en meilleur état que celle de Kerwan, elle pouvait malgré tout deviner la classe qu'il avait dû avoir en début de soirée. C'était nul d'avoir loupé ça. Surtout qu'elle doutait qu'il connaissait un couturier pouvant lui reprendre tout ça.

En réponse à sa dernière question sur l'alcool, Ira pointa son matelas du doigt. Ses bouteilles étaient toujours cachées sous son sommier, avec tout ses trésors et d'autres trucs dégoûtants ayant pour fonction de repousser les mains trop curieuses.  

Je suis déçue, depuis le temps, tu devrais savoir ce genre de chose.
(a) Moses
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Kerwan Walsh
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Mer 27 Déc - 2:20
Genou à terre, quinte de toux, Kerwan plonge sa main sous le matelas, en évitant maladroitement les trucs dégoûtants que l’hygiène irréprochable d’Ira laisse traîner. Le mécanicien parle un peu dans sa barbe, en notant qu’effectivement il aurait dû se rappeler, mais il tousse au lieu de le dire à voix haute. Son cœur bat encore un peu vite. Il sent la pulsation dans la gorge, alors il est heureux de tomber sur le tranquillisant qu’il cherchait.

Une magnifique bouteille en verre, remplie d’un liquide translucide qui sent trop fort pour être de l’eau. Walsh arrête enfin de faire les cents pas dans la chambre en parlant comme un excité, et à la place, il s’assoit sur le côté du lit, à côté d’Ira. Il enlève le bouchon, même si la bouteille est déjà entamée depuis un moment, et il met le goulot près de ses lèvres qui saignent un peu pour se siffler une rasade. Elle lui brûle la gorge et lui tire deux petites larmes, comme la lacrymo’ en fait, mais c’est bien volontiers qu’il prend une, deux gorgées avant de retirer la bouteille en soufflant. Il faut attendre au moins quelques secondes pour que l’alcool commence à infecter son système nerveux, et il faut peut-être d’autres rasades pour tuer les cellules du cerveau qui nourrissent ses pensées et sa conversation trop rapide, mais pour l’heure il tend la bouteille à Ira, en oubliant pas la petite phrase très importante :

« Santé. »

La patte d’Ira se saisit de la bouteille alors que Kerwan lui parle, mais d’une voix beaucoup moins sonore et rapide.

« Il était meilleur le champagne de la réception, hein ? L’administration doit être très fière d’avoir sorti les bouteilles au final. ‘tain y avaient même sortis les verres en cristal, la moitié doit avoir été cassée...
Mais, eh. Tu vois c’est quoi la morale. Ça vaut pas nos soirées à nous. Au moins y a pas une douzaine de keufs qui débarquent avec des flingues à la fin. »


Sauf quand il y a un tapage nocturne, mais ça c’est un minuscule détail. C’est au tour de Kerwan de boire à nouveau, et il s’empresse de reprendre sa rasade. Une seule gorgée cette fois. Il se sent obligé de sourire en la regardant, en la reluquant en fait, ça se voit à la façon dont ses pupilles tracent le long du corps allongé d’Ira, et d’y aller d’un commentaire à peine suave :

« Encore que ouais, c’est quelque chose de te voir en robe. Mais c’est normal ta coiffure ? C’est un concept ? »

Il ricane avant de boire.
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Ira Hraoui
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Mer 27 Déc - 16:46


Après la tempêteLe calme ?
Son regard amusé suivit Kerwan alors qu'il tâtonnait à la recherche d'une précieuse bouteille. Il l'a trouvé, l'ouvrit et la goûta rapidement avant de la tendre à Ira qui ne se fit pas prier pour prendre sa part.

Pour tout te dire, j'sais même plus ce que j'ai bu ou manger...

C'est à peine si elle se souvenait des visages croisés. Si, celui de son flamboyant voisin, mais ça s'arrêtait là. Elle se demandait s'il allait être amené à l’hôpital et combien de temps il y passerait. Brrrr, rien qu'imaginer toutes cette propreté lui donna un frisson. Les lieux stériles et tout, ce n'était clairement pas son truc. Elle avala une grosse gorgée pour se changer les idées avant de rendre la bouteille à son collègue.

Ouais, enfin David à le don pour attirer les poulets.

Ira n'avait pas grand chose à reprocher au colocataire de Kerwan. Juste que la situation dégénérait toujours bien plus vite quand il était dans le coin. Et bien sûr, quand elle lui disait, David l'accusait d'antisémitisme, sa blague favorite. Ouais, bon, ok, peut être qu'Ira avait des choses à reprocher à ce gars-là. A commencer par la lourdeur de son humour.

Elle ne remarqua pas le regard que son ami posait sur elle. Ce n'était pas le genre d'attitude qu'elle identifiait rapidement. A vrai dire, elle s'en moquait bien. A la place, sa main passa entre les mèches noirs désordonnées.

Yup, c'est style beauté sauvage. Un peu comme ton aération d'aisselle. La mode n'a plus aucun secret pour nous !

Ira eu un petit rire et laissa sa tête tomber sur le matelas. Elle n'avait pas assez mangée. Bientôt, l'alcool attaquerait ses sens et sa capacité de raisonnement. C'était la meilleure partie, avec la pizza de minuit. Elle fixa le plafond en attendant son tour de boire. Tout ce qu'elle voulait, c'était que sa cabine commence à tourner.
(a) Moses
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Kerwan Walsh
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Mer 27 Déc - 20:19
En y pensant, Kerwan se rendait compte que les souvenirs qu’il avait de ses déboires avec la police étaient presque tous dus à l’intervention de David, qui n’avait jamais aucune hésitation à les insulter, à leur montrer ses fesses puis à s’enfuir très vite. C’était d’autant plus gênant que Kerwan avait lui-même un ami flic, celui qui avait eut l’intelligence de demander l’identité de monsieur Walsh alors que les deux avaient souvent bu des coups ensemble. C’est bête comme ça un agent de police.
Mais cette réflexion sur l’intelligence policière ne resta là qu’un temps. Un flottement au fond de son cerveau, qu’il était très occupé à anéantir à grand coup de bouteille qui se sifflait. Mais l’alcool faisait assez mal à la gorge et au nez pour obliger Kerwan de se relayer avec Ira en la lui filant. Ainsi, les deux comparses pouvaient petit à petit se ruiner le cerveau dans le but de perdre leurs capacités d’inhibition, puis motrices et enfin intellectuelles. Dans cet ordre, toujours, au moins si la bouteille n’était pas vidée avant qu’ils n’arrivent au stade du coma éthylique.

« Att’, tu dis que je pue ? Tu rigoles, pour une fois j’ai foutu du parfum. Bon maintenant je dois puer la lacrymo, mais eh, tu m’as même pas proposé une douche. »

Il faut dire qu’il fallait voir la trogne de Kerwan. Avec les larmes qui dégoulinaient de ses yeux rouges, et en se tortillant parce que sa hanche lui faisait mal.

« Tu devrais pourtant. Sinon dans deux minutes tu vas plus pouvoir respirer. »
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Ira Hraoui
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Mer 27 Déc - 21:01


Après la tempêteLe calme ?
Ah. Ouais. La douche. L'odorat n'était pas le sens le plus développé de la jeune femme. C'était tant mieux, vu son lieu de vie, son lieu de travail et les bars qu'elle fréquentait. Mais maintenant qu'elle y réfléchissait, ouais. De l'eau et du savon ne serait pas de refus, ne serais-ce que pour éliminer la laque de sa crinière.

En rampant sur le matelas, la mécanicienne approcha son visage de son collègue pour le renifler exagérément avant de revêtir une grimace grotesque.

YUK, tu pues, sale ours ! T'as raison !

Elle attrapa un oreiller qu'elle lui balança dessus (en faisant attention à ne pas toucher la précieuse bouteille, qu'elle vint récupérer).

Mais te doucher pour remettre les mêmes vêtements, c'est con. Je veux bien te filer un t-shirt de Freyja, mais tu rentreras pas dedans.

Elle bu plusieurs grosses gorgées avant de poser la bouteille sur les genoux de son ami et se lever, non sans chanceler.

Du coup, moi j'y vais ! Et toi... Tu restes là à empester la cabine et à tenir compagnie à notre chère amie liquide.

Elle lui passa devant pour rejoindre la petite salle de bain sans lui laisser le temps de protester. Une fois la porte fermée, elle entreprit de retirer sa tenue du soir mais son manque de souplesse l'empêchait d'attraper la dite fermeture éclair. Le tissu à moitié remonté sur la tête, le jupon relevé, elle manqua de tomber tant l'alcool se jouait déjà de son équilibre.

Raaaaaaaaaaaaaaaah plus. Jamais. J'enfile. Cette. Fichue. Robe.

Elle se cogna à la porte en essayant de l'ouvrir, poussant un second juron bien sonore.

(a) Moses
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Kerwan Walsh
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Jeu 28 Déc - 2:11
« Je pue pas. C’est pas de la puanteur à ce niveau, c’est du poison. »

Le pire, c’est que Kerwan était familier avec le gaz lacrymogène. Pas dans le manuel, mais juste d’une certaine expérience acquise sur Terre. C’est ainsi qu’il savait qu’il fallait prendre une douche froide, et surtout pas une douche chaude, car l’ouverture des pores aggravait la contamination. Il savait également comment les vêtements étaient ruinés, et qu’il allait certainement falloir brûler le costard, ou alors payer très cher le pressing pour pouvoir sauver le textile. Déjà, il pouvait être heureux que le Vidar n’avait pas de vent ; Le souffle d’une brise pouvait soulever des particules pour réinfecter les bronches. Il fallait aussi éviter de se toucher les yeux, même pour enlever les larmes.
Mais Ira, au lieu d’avoir un peu de sollicitude pour celui qui avait été aspergé de gaz poivré, préféra prendre sa douche d’abord, quitte à laisser Kerwan prendre de l’avance dans l’ivresse.

« J’men fous, je me foutrai à poil. Hors de question que je passe la nuit avec ça, je pourrai pas dormir », nota-t-il tout simplement à la réflexion sur le t-shirt de Freyja. Et il regardait l’ange bourré partir à moitié titubant, avant de l’entendre fermer la porte et se prendre des trucs dans la gueule.

Sur le coup, du genre, dans la seconde immédiate, Kerwan décida que le moment était venu de continuer à se mettre torchon, chiffon, serviette. Parce que Ira était d’un gabarit moindre, ce n’était pas de la triche, c’était simplement creuser de l’avance pour déjà légèrement bourré quand Ira sortira de la douche au stade de fin pompette, alors qu’à l’inverse, si Ira était restée seule avec la bouteille, elle risquait de déjà vomir pendant que son comparse ne faisait qu’un peu tournoyer. C’est pas juste. Observez donc toute la stratégie.

Alors, Kerwan se retrouve tout seul, avec un oreiller qui lui a été lancé à la tronche sur les genoux, et une bouteille dans la main droite. Et voilà qu’il boit, qu’il boit quelques grosses gorgées rapides, avant de retirer sa bouteille et de dire :

« Tu fais attention hein ? Essaye pas de mourir en te tombant sur le coin d'que'que chose. »

C’était bête mais c’était très important de le rappeler. Beaucoup de gens meurent de fins complètement idiotes et sans intérêt.
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Ira Hraoui
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Jeu 28 Déc - 2:32


Après la tempêteLe calme ?
Viens pas m'aider surtout hein, connard !

Le dernier mot avait été avalé par le tissu. Ira doutait que Kerwan et ses mauvaises oreilles l'aient entendu. Elle était vraiment énervée par la robe à présent et continuait à se débattre avec les plissements du vêtement. Elle recula, se pris le lavabo dans les lombaires, ce qui lui arracha un nouveau râlement. Finalement, elle parvint à trouver la fermeture éclaire et à l'ouvrir. Le tissu tomba miraculeusement à ses pieds en un petit tas blanc froissé.  

VA TE FAIRE FOUTRE !

C'était aussi bien adressé à la robe qu'à son ami en train de boire sur son lit. Il aurait pu se proposer pour l'aider, mais non. Elle détestait quand il faisait ça. C'était quoi son soucis ? Il était trop intimidé ou alors ça ne lui venait vraiment pas à l'esprit ? Nue, elle mis les pieds dans le bac de douche et laisse l'eau couler sur sa peau mâte. La jeune femme se frotta frénétiquement jusqu'à ce que la mousse envahisse son espace, avant de se rincer et de sortir. L'opération n'avait pris que quelques minutes, bien moins qu'il en avait fallut pour se déshabiller. Elle avait trop envie de retrouver le goulot de cette bouteille pour traîner sous le jet d'eau.

Le corps cachée par une serviette, elle sorti de la salle de bain. L'odeur l'a surprise.

Putain, ouais. Non, ok, vas te doucher.

Elle était sérieuse. Il allait lui falloir quelques minutes pour faire redescendre l'agacement. Ira avait tendance à s'emballer pour n'importe quoi. Elle approcha de son petit placard et en sorti un t shirt gris trop grand ainsi qu'un short de basket qu'elle enfila sans faire preuve de la moindre pudeur. Ils avaient couchés ensemble, ça serait hypocrite de continuer à rougir dès qu'on voyait un morceau de peau. Elle se hâta ensuite d'attraper la bouteille pour avaler une bonne gorgée qui lui brûla la trachée.
(a) Moses
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Kerwan Walsh
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Jeu 28 Déc - 2:54
Kerwan imita Ira. « Nia, nia, va te faire foutre », qu’il grommelait dans sa barbe en levant les yeux vers le plafond, avant de se mettre à parler tout seul. Et vas-y qu’elle pourrait être plus sympa il avait la hanche qui lui faisait mal, puis il allait pas entrer dans la douche quand même, pis voilà il pouvait pas deviner, il aurait aussi pu l’ignorer si vraiment il en avait rien à faire c’est juste que voilà il voulait pas déranger et puis d’abord hein eh oh non mais oui bon. Mais en fait, il passa surtout son temps à boire. À bien boire. À bien boire pour qu’enfin, enfin, alors que Ira se douchait, son cœur puisse reprendre un battement normal, et qu’alors que l’alcool lui montait au crâne, il oubliait petit à petit, jusqu’à les camoufler dans un coin de sa cervelle, les détails de la soirée. Le moment où on l’a renversé contre une table. Quand il a aspiré du lacrymogène. Quand son pote Aldric a révélé que, dès qu’il portait l’uniforme, il pouvait se transformer en odieux connard. Le gamin qui l’a poussé avant de s’échapper.
Non, tout ça c’est oublié. Oublié pour l’instant. Oublié avec la perte de l’adrénaline, et de la réflexion primaire de fuite ou de combat. Et maintenant on peut plus vraiment fuir.

Ira sorti finalement de la douche. C’était un miracle que la bibine faisait vraiment mal au cerveau, et peu étonnant qu’elle semblait impossible à finir. Reniflant de façon désagréable, les pensées de Kerwan s’étaient mises à tourner n’importe comment, jusqu’à le transformer en un tas de muscles atrophiés, de liqueur, et de gaz poivré.
C’est pas pour autant qu’il se mit pas à loucher sur le corps d’Ira. Sans rien dire. Il avait pas la présence d’esprit ou la lueur nécessaire à dire des choses intelligentes. Est-ce qu’il savait seulement ce qu’il voulait dire, ce con ? Non parce que, s’il avait une idée dans son crâne, ce serait peut-être une bonne chose de la sortir.

Il se leva maladroitement sur ses deux pattes et s’approcha d’Ira. Et le ton un peu tremblant à cause de l’alcool, voilà qu’il débinait ses âneries :

« J’suis désolé... Hein... T-tiens. J’reviens. »

Il fila la bouteille dans la main d’Ira avant d’aller vers la douche en retirant les boutons de sa chemise. C’était vachement plus dur maintenant. Et reniflant, reniflant, il arriva jusqu’à la salle de douche.
Il se dépêcha de se foutre à poil dès qu’il était séparé du regard de sa comparse. Il se débarrassa de ses vêtements, et roula en boule dans un coin la chemise, la veste de costard, et le futal, qu’il rangerait probablement dans un sac plastique plus tard. Il fallait au moins faire la lessive, ou, au pire, rincer dans le lavabo tel un gitan. Au moins le calebut et les chaussettes on pouvait être sûr qu’il y avait pas plein de gaz dedans, mais c’est pas comme s’il pouvait se déplacer dans le vidar à l’air.
Il se sentit libéré de ne plus inspirer son propre air dégoûtant et infecté. Un pas dans la salle de douche, et voilà qu’il coula l’eau. Ira avait prit une douche chaude, ça expliquait la buée sur la vitre. Mais on l’a dit précédemment : Kerwan fit couler du glacial. Le choc thermique lui arracha un grand gémissement sonore. Il appliqua ses mains sur le mur de la douche et tenta de se remettre de l’eau glaciale le plus vite possible. Il gémit à nouveau alors qu’il leva les yeux : Le plus important c’était de laver les yeux. Il se rinça le reste du corps, surtout les cheveux, le plus rapidement possible. Mais le tout lui valait une torture infâme. Le froid lui mordait le corps, il était gagné d’une horrible chair de poule alors qu’enfin son corps était purifié du gaz.
Bon. Exagérons pas non plus. C’était de la lacrymogène et maintenant c’est une douche froide. Sur Terre y avait des gens qui subissaient des sévices bien pires que ça. C’est bien de se rappeler ça. Tout comme votre maman vous a certainement dit : « mange, y a des gens qui meurent de faim », Kerwan eut la bonne idée de se dire : « endure, y a des gens qui sont morts empoisonnés dans le métro parisien ». Il se dépêcha de finir son affaire et sorti de la douche.

Pas de serviette pour lui. Merde. Bon, puisque la colocataire d’Ira n’était pas là, eh bien, on ferait avec. Kerwan se saisit de sa serviette et se rinça rapidement, y compris entre les jambes. Tant qu’il laissait pas une forêt de poils, comment elle pouvait savoir ? Néanmoins, pour éviter de se faire engueuler par Ira, il reposa la serviette tel un voleur, et préféra reprendre son caleçon pour avoir à nouveau un peu de pudeur.

C’est ainsi que Kerwan sortait de la douche avec la chair de poule, des gouttes d’eau glacées sur le torse, la barbe et les cheveux rendus souples et lisses par le poids de l’eau, et les yeux toujours rouges. Il reniflait aussi, comme depuis tout à l’heure. Mais malgré son titubement dû à la fois à l’alcool et à sa hanche, il se sentait très clairement mieux.
Et au moins il puait pas. Peu importe qu’il soit gelé comme s’il avait été jeté dans un lac.

« C’est bon là ? À quoi j’ressemble ? »
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Ira Hraoui
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Jeu 28 Déc - 14:14


Après la tempêteLe calme ?
Kerwan était plus chancelant qu'avant. Ca annonçait une bonne fin de soirée. La bouteille en mains, le bras droit replier sous la tête, Ira sourit en constatant que le plafond tournait enfin. Elle fit mine de se redresser pour continuer de boire. Sans surprise, le niveau du liquide avait pas mal baissé durant son absence. Elle continua de s’alcooliser et fixer le vide. Rien dans la tête, si ce n'est un chronomètre lui indiquant le moment de prendre une nouvelle gorgée. Son esprit l'avait presque totalement quittée lorsque Kerwan finit de sortir de la salle de bain. Se redressant sur les coudes, elle détailla son ami non sans rigoler.

N'A UN OURS !

Morte de rire à cause de sa propre diction ainsi qu'à la dégaine de son collègue. Tous ses poils (et il en avait !) étaient collés à sa peau. Ses yeux étaient rouges comme ceux d'un enfant venant de pleurer.

Haaaaaaaaan, f'pas c'te tête ! Viens f'nir la boutaïlle.

Toujours en rigolant, Ira tapota le matelas près d'elle, invitant son collègue à s'installer. Elle se décala contre le mur pour lui faire de la place et lui tendit la "boutaïlle" effectivement légère. Mais il devait bien lui rester d'autres amis sous le matelas. De toute façon, c'était bientôt l'heure de la pizza-éponge, destinée à booster leur endurance et de les empêcher de vomir trop tôt.
(a) Moses
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Kerwan Walsh
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Jeu 28 Déc - 18:38
Grelottant de froid, encore un peu mouillé de la douche même s’il avait eut le bon dos de se sécher sur une serviette qui lui appartenait pas, Kerwan s’approcha du lit pour s’affaler dessus comme un vieux rafiot qui s’échouait. D’ailleurs, comme le rafiot, il se sentait rouillé sur le côté, et fit un râle alors qu’il sentait que la douleur dans sa hanche lui lançait. Quand enfin il fut bien avachit, sur le dos, il attrapa la bouteille pour prendre une rasade au goulot ; Avalant de travers, il se retrouva à toussoter avant de l’agiter un peu, pour constater qu’il en restait un bon quart, alors même qu’il se sentait déjà un peu planer, et qu’Ira était elle beurrée comme des petits Lu.

« Putain... ça m’rend malade... On l’a ouvert’ quand la bouteille ? On la finira jamais... »

Il se força malgré tout à reprendre quelques gorgées brûlantes, avant de la repasser à la demoiselle.

« J’ai super mal... ça s... ‘fin... c’est p’têt pas bon avec la gnôle... Mais heu... T’as pas des cachetons ? »
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Ira Hraoui
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Lun 1 Jan - 16:33


Après la tempêteLe calme ?
M'si ! R'garde. L'est déjà prsqu'finie

Plus ça allait et plus des lettres disparaissaient de ses phrases. Quoi qu'il ne soit, elle attrapa la bouteille pour avaler plusieurs (trop) grosses gorgées avant de reposer la bouteille sur son ami et en profiter pour se coller à lui. En plus de lui faire perdre la capacité de parler correctement, l'alcool la rendait innocemment câline.

Pour l'douleur...

Ira retint sa respiration, grossissant ses joues d'air comme si cela allait l'aider à respirer. Finalement, elle relâcha son souffle en un "put". Elle essayé de calmer les mélanges médicaments + alcool après quelques mauvaises expériences. Genre coucher avec son collègue et aller le dire à son ex avant de s'endormir dans un couloir. Hm. Incontestablement la pire soirée de sa vie. Ou encore la fois où elle a voulu aller faire l'amour dans la salle des machines en pleines nuits avec Shea sans réfléchir à ceux qui étaient de gardes à ce moment-là. Depuis, plusieurs de ses collègues n'osaient plus la regarder dans les yeux. Donc ouais, en attendant que ces choses là soient totalement derrière elle, elle allait se calmer sur les cocktails explosifs.

Sous le lit peut-être... Sinon dans la réserve de Freyja, dans son placard.

Aucun scrupule à voler sa colocataire. La mécanicienne voyait ça comme un loyer qu'elle lui devait. Elle avait beau apprécier la blonde, reste que vivre seule était un certain confort. OK, la jeune femme lui avait proposé d'emménagé, préférant tomber sur une autre personne ouverte d'esprit plutôt que ce retrouver avec un jeune geek ou un veuf aigri. Mais en attendant, ce n'était pas quelques cachets qui lui manqueraient.
(a) Moses
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Kerwan Walsh
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Lun 1 Jan - 22:32
Quitte à avoir emprunté la serviette, autant aller jusqu’au bout du mauvais goût et de se servir dans sa droguerie médicamenteuse. Kerwan murmura un simple « j’reviens » et bondit pour retourner dans la salle de bain. Il ouvrit la petite armoire de la salle de bain, celle cachée derrière la vitre recouverte de buée, sur laquelle Kerwan, à moitié ivre, ne put s’empêcher de dessiner un petit smiley avec son doigt avant de ricaner dans sa gorge. Revenant avec la boîte de cachetons, il s’avachit à nouveau sur le lit, grimaçant et râlant un peu de douleur, attrapa Ira pour la coller contre lui, et subtilisa la bouteille de ses mains. Cachet au fond de la langue, bibine près de ses lèvres scellées, il se pencha pour faire couler le poison au fond de sa gorge et le cacheton avec. Il avala le tout, malgré la notice qui recommandait de ne pas mélanger analgésique avec liqueurs artisanales. Il leva alors la bouteille pour la montrer à Ira, qui pensait à nouveau se rincer le gosier vu qu’elle approcha sa patte. Kerwan éloigna la bouteille tout en sortant un petit :

« Ah ! Na, y a plus rien. »

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Ira Hraoui
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Lun 1 Jan - 23:07


Après la tempêteLe calme ?
Le corps de Kerwan était chaud, c'était réconfortant, voir apaisant. Elle se permit de passer un bras autours de son torse et d'enfoncer son visage contre son torse. Malgré la douche, il continuait de sentir le lui, un mélange de drogue, d'alcool, d'huile de moteur. Si, au début Ira fronçait le nez, elle était maintenant devenu familière et elle se surprenait parfois à la chercher sur certaines affaires.

Haaaaaaan, 'ttends, j't'rouve ça.

Elle se souleva sur un bras avant de s'allonger sur son collègue, barrant son torse. Elle tâtonna le sol proche du lui, puis sous le lit jusqu'à ce que sa main trouve un col de bouteille. Ira la sorti de sa cachette et la leva vers la lumière, les sourcils froncés.

S'la b'teille d'truc m'langés. J's'plus s'qu'à d'dans mais y'en rest'p'mal.

Elle dévissa le bouchon, renifla, grimaça mais bu quand même un petite gorgée. Yuk. Elle grimaça à nouveau. Toujours sur Kerwan, elle se fit pivoter pour ne plus être à 90° (contrairement à ce qu'ils buvaient à présent) mais plutôt à 10.

V'f'loir c'mander une p'za.

La communication devenait très dur. Elle tendit une énième fois la bouteille à son ami, tout en lui souriant. Merveilleuse soirée. En espérant que les cachets ne l'endorment pas trop.
(a) Moses
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Kerwan Walsh
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Lun 1 Jan - 23:50
« ‘tain t’as déjà pensé à nettoyer sous ton lit ? » demanda Kerwan, comme il le demandait uniquement pour taquiner Ira. La saleté et le manque d’hygiène de la pièce, en réalité, le rassurait. Elle avait quelque chose de réconfortant par le fait qu’elle n’avait pas sa place ici. Le Vidar était aseptisé. Y avait des distributeurs de gel pour les mains un peu partout, du propre qui sautait aux yeux, tant pour des problèmes d’hygiène que tout simplement de sécurité spatiale. Alors les cartons de pizza et les canettes de bière qui traînait, ça avait quelque chose de si... Humain. Humain.

« c’est normal que le liquide y soit rose ? Rah, ouvre-la. Je vais commander les pizzas. Tu prends comme d’hab hein ? »

Comme d’hab, bien sûr, parce que le cerveau humain aime l’habitude. Il s’enferme dans l’habitude. Tout n’est qu’habitude et répétition. Depuis des années, hormis les très rares fois où ils se sentaient foutrement aventureux en tentant un truc aux champignons ou au saumon, ils prenaient chacun leur pizza : Kerwan une quatre fromages de synthèse, et Ira quelque chose d’immonde car lourd avec les patates et épicé avec des arômes artificiels, qui arrivaient néanmoins à reproduire le sentiment de pseudo-chaleur sur la langue. Alors, on va vous passer la description de Kerwan en slip qui se lève, la hanche qui lui fait toujours mal le temps que le médicament fasse effet. De comment il est parti dans la salle de bain, chercher précautionneusement son portable au milieu de ses fringues infectées de lacrymogènes. De l’appel. De l’attente qu’on décroche. De la voix du type blasé du type qui répond, celui qui bosse alors que tout le monde était à la fête de l’administrateur, celui qui, de l’émeute, n’a entendu que des cris et des détonations en dehors de son bâtiment, avant que les quelques agents de sécurité, qui valaient pas mieux que des vigiles de supermarché un peu excités de leurs jouets, ont maté à la matraque et au gaz des gamins qui voulaient certainement imiter les grandes insurrections de Paris ou de Moscou que leurs parents leur avaient racontés. Et malgré les événements, pas de défilés de troupes dans la rue, ni de couvre-feu. Le livreur, blasé, dit quand ce sera prêt, et après le « au revoir » tout poli de Kerwan, il raccroche.

Sieur Walsh peut donc sortir de la salle de bain, et retourner auprès d’Ira qui a entamé la bouteille.

« Ah j’en ai marre de me lever... C’est pas humain. T’as de la chance que je sois volontaire. »

Il s’assit sur le lit. Puis il s’allongea et attrapa l’Ira pour la faire tomber sur lui. Et rapidement, il lui fit un bisou sur le front avant de grimacer.

« C’est pas un peu dégueux ton truc rose ? »
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Ira Hraoui
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Mar 2 Jan - 1:04


Après la tempêteLe calme ?
R'est com'ça. J'récurrprerai les d'zas.

Bon, cette bouteille n'était peut être pas une si bonne idée. Kerwan semblait rester d'aplomb, à peu près quoi. Après le bisous d'une tendresse indescriptible, Ira plia un bras sur le torse de son collègue et posa son menton dessus. Elle l'observait de la sorte, l'obligeant à baisser la tête s'il voulait la regarder à son tour. Sa main droite tenait la bouteille tout en pendouillant hors du lit.

- Ch'pa. Mes pupilles ont fondus j'pense hahahaha.

Son rire ressemblait plus a un étouffement ou un pouffement. Elle rebut une gorge, en reversant quelques gouttes sur son collègue en passage.

- T'va'tre c'lant.

De son index, Ira s'amusa à tapota la goutte. C'était effectivement poisseux, signe que de la grenadine avait du finir dans le mélange pour une raison inconnue. Elle fini par se lasser. Le livreur de pizzas n'était toujours pas là et Ira ne pouvait plus se permettre de boire à cette vitesse si elle ne voulait pas finir la tête dans la cuvette. Elle posa la bouteille contre le visage de Kerwan (ce qui était pratique pour elle, moins pour lui) avant de pose sa joue sur la poitrine de l'homme. Ses yeux se fermèrent mais elle n'était pas sur le point de s'endormir. Le coeur de Kerwan battait étrangement. Ou alors le sens du rythme de la jeune femme était lui aussi victime de l'alcool.

Sans véritablement se redresser, Ira entreprit de retirer son t-shirt. Alcool + proximité physique = chaleur. Ce fut laborieux, elle manqua de renverser la bouteille plusieurs fois mais elle finit par réussir. Elle laissa la boule de tissu sur le visage de Kerwan. Il était assez grand pour l'enlever et l'envoyer balader dans la cabine s'il le voulait. Elle avait la sensation d'être vidée de toute énergie. Elle voulait faire des câlins et contempler le mur en face d'elle, en attendant sa pizza.

- J'l'r'm'trai qu'il sr'là
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Kerwan Walsh
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Mar 2 Jan - 1:19
Avachi sur le lit, les yeux de Kerwan se fermèrent pendant qu’Ira s’amusait à lui faire couler de l’alcool sucré sur son corps. Il respirait un peu fort, par le nez, profondément, son torse se levant et se rabaissant avec ses inspirations et ses expirations. Le mécanicien aurait presque pu s’endormir, un peu pacifié à la fois par l’alcool et par l’analgésique qui faisait encore effet. Seul la promesse de pouvoir se remplir un estomac encore noué par la rixe de la salle des fêtes l’empêchait de juste s’endormir maintenant dans le lit de sa collègue.

Et puis il la sentit bouger. Parce qu’elle était bien cuite, elle n’avait pas été très discrète, elle tenait plus du chien remuant que du chat discret. Il voyait qu’une de ses mains attrapait le bout de son t-shirt, alors, parce que Kerwan était quelqu’un de serviable, par pur réflexe innocent, sans aucune idée dans son cerveau cramé au cachet et à la liqueur infecte, il lui attrapa la bouteille pour libérer ses mains. Et sa collègue se dandinait les hanches et les bras pour se déshabiler, avant de finir torse-nue, à faire tomber son t-shirt sur le visage.

Kerwan, lui-même bien explosé, mais moins par l’alcool qu’Ira avait prit plus qu’elle, et plutôt par le contrecoup du médicament, resta coït comme ça, sur le dos, au moins une bonne poignée de seconde, sans même bouger le t-shirt qui était tombé sur sa face. Quand enfin il leva une main pour l’enlever, il le faisait juste tomber sur le lit à côté. Il passa ses bras dans le dos d’Ira, et la colla contre lui. Tout contre lui. Il pouvait sentir sa poitrine contre la sienne, et il eut le bon goût de lui faire un bisou sur la joue, et sur le coin de ses lèvres.
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Ira Hraoui
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Mar 2 Jan - 1:53


Après la tempêteLe calme ?
Ira ferma les yeux en sentant la barbe de son ami chatouiller sa joue. Elle sourit malgré elle, ce qui rapprocha un peu plus ses lèvres des siennes. Sa tête tournait mais elle savoura l'instant. Elle finit par poser sa tête contre son cou le côté gauche de son cou, s'amusant à le caresser du bout de son nez avant de l'embrasser tendrement. Sa main droite monta le long de son torse, son épaule, avant de venir de caresser sa nuque du bout des doigts. Elle ne réfléchissait pas à ce qu'elle faisait, se contentant de faire ce qui semblait lui venir naturellement. Son corps se pressa imperceptiblement contre le sien. Oui, peut être était-elle en train de s'exciter toute seule. Mais maintenant qu'elle était célibataire et qu'ils l'avaient déjà fait une fois, plus aucune voix dans sa tête ne tentait de la ramener à la raison. Ses dents virent taquiner le lobe de son oreille. Cette odeur la mettait tellement en confiance...

Des bruits de pas se firent entendre dans le couloir, c'était prévisible. Ira soupira, se redressa, toujours à cheval sur Kerwan et se pencha à nouveau pour l'embrasser, sur les lèvres cette fois, non sans un sourire satisfait.

- Manger !

Elle bascula sur le côté. Son brut premier était de se mettre debout, ce qu'elle réussit malgré un équilibre précaire. Ira dut carrément se mettre à quatre pattes pour avancer jusqu'au lit de sa colocataire et remettre son t shirt. C'est à ce moment là que le livreur toqua à la porte. Dans un même mouvement, la jeune femme voulu l'ouvrir et attraper sa carte posée sur sa table de chevet. Elle ne réussit qu'à se cogner contre la poignée tout en offrant à la vue de l'employé de la pizzeria un homme presque nu dans un lit et une cabine dégueulasse.

- Aïe putain.
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